11 décembre 2025
Le 11 décembre 2025, la Commission Nationale Économie du Parti Socialiste a auditionné Mathieu Plane, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Venu présenter les perspectives macroéconomiques de la France pour 2026, son diagnostic dresse le constat d’une économie prise entre ralentissement d’activité, destructions d’emplois et choc d’austérité budgétaire.
1. Une croissance bridée par la rigueur et l’incertitude
L’OFCE table sur une progression du PIB de 0,8 % en 2025, puis de 0,7 % seulement en 2026. L’activité pâtit directement de l’ajustement budgétaire et du climat politique.
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Consolidation budgétaire : le plan de réduction des déficits pèse lourdement sur l’activité, amputant la croissance de 0,8 point de PIB en 2026.
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Incertitude politique nationale : l’instabilité politique coûte à elle seule 0,7 point de PIB sur la période 2025-2026, soit près de 20 milliards d’euros.
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Risques internationaux : une hausse de 15 % des droits de douane américains retirerait 0,15 point de PIB supplémentaire sur deux ans.
2. Pouvoir d’achat en baisse et forte épargne de précaution
Bien que l’inflation reflue nettement par rapport aux pics des années précédentes, le pouvoir d’achat des ménages par unité de consommation devrait reculer de 0,5 % en 2026. Ce repli s’explique par le faible dynamisme des prestations sociales, des revenus du patrimoine et des salaires réels.
Parallèlement, le taux d’épargne financière reste à un niveau historiquement haut — désormais supérieur à celui observé en Allemagne —, traduisant un comportement de précaution marqué face aux incertitudes économiques et fiscales.
Évolution du pouvoir d’achat des ménages par unité de consommation
3. Emploi : retournement de tendance et chômage à 8,2 %
Après plusieurs années de dynamisme, le marché du travail enregistre une nette dégradation. L’OFCE prévoit la suppression de près de 160 000 emplois sur deux ans.
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Destructions d’emplois : le secteur marchand concentrerait l’essentiel des pertes (-170 000 emplois salariés sur deux ans), en partie à cause du net coup de frein sur les politiques de l’emploi et l’apprentissage.
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Taux de chômage : il remonterait progressivement pour atteindre 7,7 % fin 2025, puis 8,2 % fin 2026.
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Productivité : la productivité par tête amorcerait un rattrapage (+2,2 % entre fin 2024 et fin 2026), compensant une partie des pertes accumulées depuis la crise sanitaire.
Trajectoire de l’emploi et du taux de chômage (2024-2026)
4. Finances publiques : le déficit causé par la baisse des recettes
L’OFCE prévoit un déficit public fixé à 5,0 % du PIB en 2026, ce qui porterait la dette publique à 117,6 % du PIB.
Lors de son audition, Mathieu Plane a rappelé l’origine réelle du creusement budgétaire récent : entre 2017 et 2024, la hausse de 2,4 points du déficit structurel s’explique intégralement par les baisses de prélèvements accordées aux ménages (-1,6 point de PIB) et aux entreprises (-0,8 point de PIB), et non par une dérive de la dépense publique qui est restée stable en proportion du PIB potentiel.
Origine du déficit public : baisse des prélèvements vs dépenses publiques
Pour approfondir: Prévisions économiques 2026 – présentation de Mathieu Plane (OFCE)



